[France 24] La condamnation de cinq hommes pour « abus sexuels » et non pas « viol » révolte l’Espagne

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Il y a des moments où je suis vraiment fière de travailler pour France 24. Plus que d’ordinaire.

C’était le cas hier, lorsque j’ai appelé la rédaction pour signaler qu’il se passait quelque chose d’historique en Espagne, et que ça avait une résonance européenne, quelques semaines après la grève nationale ici en Espagne et les manifestations monstre lors du 8 mars. Une résonance internationale même. Hier, cinq agresseurs ont été condamnés pour « abus sexuel » aggravé du chef d’« abus de faiblesse » sur une jeune femme de 18 ans. Une affaire qui a fait couler beaucoup d’encre ici pour plusieurs raisons.

Pendant le procès, c’est la question du consentement qui a été au coeur des débats. La décision d’un juge d’intégrer au dossier une photo de la victime, exhumée par un détective sur Instagram, a suscité un tollé. La jeune femme posait à côté d’un tee-Shirt arborant une phrase tirée d’une émission de télé-réalité: «Quoi que tu fasses, enlève ta culotte.» Une « preuve » du consentement, sûrement. Le détective engagé par la défense des 5 agresseurs avait enquêté pour savoir si la victime avait repris une vie normale après son viol présumé. Comme si une victime d’agression sexuelle n’avait pas le droit de revivre après avoir été salie. Comme si elle devait s’infliger une double peine et rester enfermée, triste et noyée dans le chagrin entre quatre murs.

En parallèle et paradoxalement, le juge a refusé d’inclure au dossier les messages que s’était échangés « La Meute » sur WhatsApp. Ces derniers ont filtré dans la presse et ils sont accablants. Après les faits, les agresseurs s’étaient notamment vantés du tour pris par leur soirée. Deux semaines auparavant, ils avaient déjà émis le projet de partager entre eux une même partenaire. L’un d’eux avait aussi suggéré de droguer leur éventuelle victime.

Maintenant, revenons sur cette intervention que je partage ci-dessous, j’ai quelques petites choses à dire. Il en fallait du courage, à cette chaîne, pour diffuser une intervention de 2 minutes en anaphore. Je me trouve maladroite et moche. Sur la forme, je n’avais pas eu le temps de me maquiller, je n’entendais rien, alors je hurlais. D’habitude, je ne bute pas autant sur mes directs alors qu’ici je répète moult fois « finalement » (ce qui est affreux à regarder).

Mais FINALEMENT, je crois que c’est le duplex dont je suis le plus fière. Et je sais aussi qu’un tas d’autres chaînes aurait refusé d’en parler. Quelques corrections tout de même sur le fond. Des maladresses mais je les précise car elles ont leur importance:

J’ai dit « 2 ans de procès ». Non, c’est une erreur. L’affaire a 2 ans mais le procès, lui, a commencé à huis clos en novembre 2017, soit il y a 5 mois.

Les drogues mentionnées par les agresseurs dans leur groupe WhatsApp ne sont pas du GHB à proprement parler mais deux autres drogues du violeur : Reinoles y burundanga (impossible de retenir leur nom donc j’ai simplifié. GHB, tout le monde comprend)

Il s’agit d’une* procureure et pas d’un* procureur (cela peut avoir son importance… ou pas)

La loi de 2003 dont je parle a été promulguée en décembre 2004

Ce matin, tous les quotidiens nationaux espagnols se faisaient l’écho de cette colère:

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