Sommé de préciser sa position sur l’indépendance de la Catalogne, Carles Puigdemont a écrit lundi dans un courrier que sa priorité était de « dialoguer lors des deux prochains mois ». Non satisfait, Madrid a donné un ultime délai de trois jours.
Edition spéciale: intervention en amont et en aval de l’allocution de Soraya Saenz de Santamaria, la numéro deux du gouvernement de Mariano Rajoy.
La réaction de Madrid ne s’est pas faite attendre, au lendemain du discours de Carles Puigdemont qui a déclaré l’indépendance de la Catalogne avant de la suspendre immédiatement après, laissant la porte ouverte au dialogue. Dialogue rejeté par le gouvernement central, qui a enclenché, à l’occasion d’un conseil des ministres extraordinaire, le mécanisme permettant l’application ultérieure de l’article 155 de la constitution. Cet article permettrait de prendre le contrôle d’une grande partie des prérogatives de la région. Madrid a posé un ultimatum à Carles Puigdemont: il devra, avant lundi 16, dire s’il a, oui ou non, déclaré l’indépendance de sa région. En cas d’absence de réponse ou de réponse positive, il aura jusqu’au 19 pour revenir sur sa décision. Dans le cas contraire, il parait maintenant inéluctable que le gouvernement de Mariano Rajoy utilisera la méthode forte pour empêcher l’indépendance de cette région, l’une des plus riches du pays.
A 24H de la convocation de Carles Puigdemont devant le parlement catalan et au lendemain de manifestations massives contre l’indépendance à Barcelone et Madrid, faut-il craindre une déclaration d’indépendance ?
Quarante-huit heures après la tenue du référendum d’autodétermination anticonstitutionnel organisé en Catalogne, le roi Felipe VI s’est exprimé devant la nation, fait exceptionnel pour un monarque qui ne s’adresse généralement à ses fidèles que pour Noël et ne se mêle pas de politique intérieur.
Pour lui répondre, Carles Puigdemont a choisi la même heure, à la télévision catalane, à 24h d’intervalle. Décryptage
En sus des envoyés spéciaux à Barcelone, j’interviens toute la journée depuis Madrid pour rendre compte de la réaction du gouvernement Rajoy au référendum se tenant ce 1er octobre en Catalogne, référendum pourtant interdit par le gouvernement central.
Les séparatistes catalans ont défilé en masse, lundi, à Barcelone, pour leur « fête nationale », à trois semaines d’un référendum d’autodétermination interdit par les institutions espagnoles qui a plongé le pays dans une grave crise politique.