ENQUETE – Une Artiste sud-africaine, Tay Dall, escroquée par une galerie européenne (partie 1)

C’est en décembre que Le Petit Journal.com  de Johannesburg a découvert cette artiste sud africaine, dont les tableaux tapissaient les murs de nombreux restaurants et fermes au Cap Ouest. Curieux de nature, nous avons voulu en savoir plus sur la talentueuse Tay Dall et avons découvert avec surprise la section « ART STOLEN » (art dérobé) de son site web. La décision fut alors prise de rencontrer l’artiste en personne pour en savoir plus sur cette affaire aujourd’hui encore irrésolue. Nous vous présentons ainsi l’histoire de Tay Dall en deux parties, dont la première dresse le portrait d’une peintre chevronnée originaire du Cap

(Crédits photos: Mélina Huet; Tay Dall Art Gallery)

Les débuts : une novice au nom insolite qui prédestine

Née à Cape Town, Tay Dall – c’est son véritable nom – a commencé à étudier l’art à l’âge de huit ans et a reçu un diplôme dans le même domaine à vingt. Partie étudier la cinématographie à l’université de Californie du Sud, la jeune Sud-Africaine y est restée dix ans, endiablée par la folie hollywoodienne, vivant au rythme des méga productions, des soirées VIP… et des tremblements de terre à Los Angeles. 

Après une décennie d’exubérance, la jeune femme est retournée dans le pays qui l’a vue naître, pour se marier à un acteur rencontré de l’autre côté de l’Atlantique, sa moitié actuelle avec qui elle a agrandi la famille. Après avoir acquis un studio et une maison dans une réserve naturelle donnant vue sur une montagne, dont tous deux sont tombés amoureux, ils ont décidé de rester, leurs amis américains les traitant de « fous ».

Folie ou génie ?

Oui mais c’est justement ce qui caractérise Tay Dall, qui commente : « La folie est relative à la réalité, et dans la mienne je me sentais destinée à devenir une artiste dans un pays où l’expérience culturelle a été et est encore le résultat d’un procédé douloureux, d’un passage de l’oppression à la liberté. Plus de focus, plus de maturité, plus de couleurs, plus de vibrations, plus d’expression, plus de douleur mais aussi plus de vie, plus de Moi ». Dès le début, l’artiste croit au dur labeur, ne s’arrête jamais, et cela paye. « J’ai été chanceuse, non seulement de voir mon travail exposé un peu partout autour du monde, mais également de recevoir l’un des plus beaux cadeaux : échanger avec les personnes qui regardent mes œuvres et changent leur perspective en fonction d’elles, en observant avec un regard nouveau, en regardant à travers mes yeux »

Tay Dall avoue parfaitement avoir un style particulier qui ne plaît pas à tout le monde mais, comme elle le dit si bien : « l’essence d’un artiste se trouve dans la réaction, pas dans l’acceptation ». Et l’on doit lui accorder que les styles variés dont elle est l’auteure provoquent de nombreuses réactions, qu’elles soient bonnes ou mauvaises. Tay Dall définit son œuvre comme abstraite et chaque tableau représente une philosophie de vie qui lui est propre : « Chaque spectateur peut interpréter mon travail de façon différente. Ce que je peins est personnel. C’est mon histoire personnelle. Par cela j’entends : c’est une représentation de mes expériences et de comment je perçois le monde qui m’entoure ».

« La peinture est le métier le plus long et le plus difficile » 

Cette phrase d’Eugène Delacroix explique peut-être pourquoi il est si souvent dit et répété que se détacher d’une œuvre, même si l’on en retire un bénéfice quelconque – notoriété, argent – est si difficile, car celle-ci est devenue au fil du temps une sorte de « bébé ». Qu’en est-il alors lorsqu’un artiste se voit privé de ses œuvres sans aucun bénéfice en retour ? Comme de nombreux autres peintres dans le monde, Tay Dall s’est vue escroquée par une galerie d’art à l’étranger. La « British and International Art Gallery », située d’abord en Angleterre puis à Marbella en Espagne, tenue par Richard Barton et sa femme Liz, a dérobé progressivement 84 des pièces de la peintre sud-africaine. Après des années passées à essayer de communiquer avec les propriétaires de la galerie, la jeune femme nous annonce sans espoir : « toute une période de ma carrière m’a été dérobée, et il n’y a rien que je puisse faire ». Que s’est-il passé ? Qu’en est-il aujourd’hui et où se trouvent toutes ces œuvres ? Après une investigation et une rencontre en personne à son studio d’Hermanus au Cap Ouest, Tay Dall nous livre l’histoire au complet. Une histoire encore aujourd’hui en suspens, qui pourrait bien prendre un nouveau tournant grâce au bouche-à-oreille.

 

Avis aux lecteurs ! La suite lundi prochain

Mélina Huet – publié sur http://www.lepetitjournal.com/johannesbourg.html  –  le lundi 7 mars 2011

consulter l’article directement sur le site

Le site de Tay Dall pour les passionnés d’art, ou simplement les curieux : http://www.taydall.com/

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