Article de Courrier International d’après mon interview de Francis Fukuyama
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Article de Courrier International d’après mon interview de Francis Fukuyama
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Interview disponible sur le site des Rencontres
7 juillet 2013
Auteure: Mélina HUET
Dans le cadre des Rencontres Économiques d’Aix en Provence, 2013
Image à la une: © Lisi Niesner/REUTERS
Interview disponible sur le site des Rencontres
7 juillet 2013
Auteure: Mélina HUET
Dans le cadre des Rencontres Économiques d’Aix en Provence, 2013
Image à la une: © REUTERS/STR
Interview disponible sur le site des Rencontres
7 juillet 2013
Auteure: Mélina HUET
Dans le cadre des Rencontres Économiques d’Aix en Provence, 2013
Image à la une: © SIPA
Interview disponible sur le site des Rencontres
7 juillet 2013
Auteure: Mélina HUET
Dans le cadre des Rencontres Économiques d’Aix en Provence, 2013
Photographie à la une: © Virginia Mayo/AP

Près de cinq ans après la crise qui a conduit à la faillite de Lehman Brothers, qui a profondément ébranlé le système financier des économies développées, les traces du choc subi sont encore profondes et le financement de l’économie continue d’en être affecté, dans diverses régions du monde. Comment améliorer le fonctionnement de nos systèmes financiers ? C’est la question délicate à laquelle se sont attelés les intervenants de cette session.
Les grands principes. Pour financer une économie, nous rappelle l’économiste Anton Brender, il faut deux éléments aux deux bouts d’une même chaîne. D’un côté, des gens qui dépensent moins que ce qu’ils gagnent. De l’autre, une demande d’acteurs qui acceptent de s’endetter, avec bien sûr l’assurance de rembourser à plus ou moins long terme. Et puis il y a un troisième acteur, qui prend les deux bouts de la chaîne en charge : les systèmes financiers, dont la mission principale est de canaliser l’épargne mais aussi de gérer et d’apprécier les risques liés à ces opérations. « Pourquoi ces systèmes financiers sont ils aussi fragiles ? Parce qu’on mélange deux matériaux corrosifs : de l’argent et des risques », introduit Anton Brender. Des risques mal appréciés ces dernières années, de l’avis de tous les intervenants.
Le rôle des banques. Logique défenseur du système bancaire, Baudoin Prot, Président du groupe BNP-Paribas, souligne qu’ « il y a 8 000 banques en Europe et [que] les banques françaises jouent un rôle fondamental dans le financement de l’économie ». Pour Rémy Weber, qui va également dans ce sens, les banques françaises sont performantes quant au financement des entreprises, surtout les moins grandes : « les PME se financent encore énormément auprès des banques ». Il met en avant la proximité entre celles-ci et les petites structures cherchant à emprunter : « quand vous rencontrez des difficultés, vous êtes bien content quand votre banquier vous connait depuis des années et a connaissance de votre parcours, alors que quand il y a plein d’acteurs en jeu, dont vous dépendez, c’est plutôt rare d’être compris ».
L’accès des entreprises aux financements. Comment faciliter l’accès des TPE et PME au marché en finançant leur insertion ? C’est la question que pose Jean-Pierre Jouyet, Directeur général de la Caisse des Dépôts. L’entreprise doit déjà avoir des ressources pour pouvoir être financée. Cela ne semble donc pas dépendre de cette institution financière publique, mais plutôt des entreprises elles-mêmes. « Les infrastructures doivent être compétitives également. Or, celles-ci sont insuffisantes en France et même au niveau européen, que ce soit à moyen ou à long terme », dénonce le haut fonctionnaire. Et Dietmar Bahr, de la Johannes Fuehr – institution qui s’occupe de la gestion obligataire en Allemagne – de poursuivre en citant l’exemple allemand, dont la plus grosse force de travail est concentrée dans les PME, et non dans les grandes entreprises, contrairement à ce qui est communément admis.
Maîtrise des risques. Comment prévenir la prise de risques excessive sans entraver celle nécessaire ? Selon Baudoin Prot, cela passe par le renforcement des règles financières dans le secteur bancaire français et par un effort de mise en réserve. Quant au « shadow banking » (la banque de l’ombre) évoqué en introduction par l’économiste Anton Brender, monsieur Prot estime qu’il ne représente pas, en Europe du moins, un risque à l’heure actuelle. Contrairement à la Chine ou aux Etats-Unis, deux grandes puissances où le problème de la régulation se pose.
Le sujet fondamental du financement de l’économie, à l’heure où les crises systémiques laissent encore des traces sur les systèmes financiers, semble toujours aussi difficile à aborder. Si l’utilité des banques, le rôle de la caisse des dépôts, ou même des actionnaires – en la personne de Georges Terrier – ont été débattus, quelques questions sont restées sans réponses, comme l’avenir du crowd-funding dans le financement de l’économie, pourtant évoqué par un jeune entrepreneur lors du débat final.
Mélina Huet
Publié sur: http://www.lecercledeseconomistes.asso.fr/session-13-financer-l-economie,1283
Image à la une: Pixabay/ CC Geralt

La Revanche de la nature, « c’est la session la plus importante des rencontres. Celle au titre le plus provocateur aussi », introduit avec audace l’économiste Jean-Marie Chevalier. Les défis sont nombreux. En 2050, il y aura 2 milliards de personnes en plus à accueillir sur la terre. A nourrir aussi.
Changement climatique versus or bleu. « Le plus gros challenge du XXIe siècle sera celui du changement climatique » affirme Antony Turner, PDG de Carbon Visuals, une entreprise qui propose de rendre visible ce qui est invisible : notre empreinte carbone. Pour Jean Louis-Chaussade, DG de Suez environnement, c’est pourtant loin d’être le plus grand défi écologique actuel : « non, le XXIe siècle sera celui de l’eau, ou plutôt de la disponibilité de l’eau ». Selon lui, d’ici à 2030 ou 2040, 50% de la population mondiale vivra des périodes de stress hydrique. La solution ? Des consensus, dont le plus important devra concerner la gestion des usages de l’or bleu.
Un sujet qui divise : le nucléaire. Pour Pierre Gadonneix, président du Conseil Mondial de l’Energie (WEC), le constat récent le plus rassurant est qu’il y a plus de ressources énergétiques fossiles que ce que l’on aurait cru. Ce qui est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle, car on a tendance à se reposer sur ce constat au lieu d’agir – en conciliant court et long terme, rappelle l’ancien polytechnicien. Or il faut décarboner. Comment ? En associant capture des émissions de CO2, mise en avant des énergies renouvelables et… nucléaire. Il s’agit là d’une réponse à son voisin, Philippe Germa (DG de WWF France), qui venait de crier sa hantise de ce type d’énergie, représentant de trop gros risques selon lui. « Il faut bien que je donne mon point de vue ! » a-t-il répliqué, face à la désapprobation de Luc Oursel (AREVA). Sans surprise, ce dernier a effectivement fait écho à Pierre Gadonneix : « Le nucléaire n’est pas incompatible avec le développement des énergies renouvelables. Évidemment, on mettra un point d’honneur à repenser la sûreté en fonction des expériences passées, comme Fukushima ».
De la nécessité d’investir dans la Recherche et le Développement (R&D). Ce besoin, lui, semble faire l’unanimité. Xavier Beulin, président de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), qui promeut une économie circulaire, refuse que celle-ci fasse référence au passé. S’il faut miser sur la R&D, selon cet agriculteur, c’est qu’elle a déjà fait ses preuves. L’informatique embarquée, par exemple, permet de faire des économies – et de l’écologie –, en incitant ses confrères à apporter la bonne dose de produits au bon moment, là où c’est utile. Quant à Luc Oursel, il est également favorable à une plus grande part des grands programmes de R&D dans les budgets européens.
L’Europe au cœur du débat. « Elle n’est pas parvenue à mettre en place une politique énergétique commune. Ce qui est un paradoxe, puisque la naissance de l’Europe, c’est la CECA, basée précisément sur l’énergie ! ». C’est la sentence de Pierre Gadonneix, repris plus tard par Luc Oursel, qui souhaite un programme européen commun concernant les questions énergétiques. Jean-Marie Chevalier, qui se fait le chantre de l’europtimisme en conclusion de la session, juge la critique trop dure : « tout reste à faire […] il faut y croire ».
Finalement, le débat sur la Revanche de la nature a « quelque chose de rassurant », conclut-il. On a un sursis : il nous reste plus de ressources non renouvelables que ce que l’on imaginait il y a quelques années. Là où le titre trouve sa justification en revanche, là où l’on ‘‘frissonne’’, c’est lorsque l’on s’aperçoit que les énergies fossiles se financent sans problème alors que les économies d’énergie, elles, restent sur la touche. La question de Bo Frank, maire et père de Växjö, la ville « la plus verte du monde » – selon ses propres termes –, prend alors tout son sens : « quelle valeur a l’argent… quand on ne peut pas respirer ? ».
Mélina Huet
Article publié sur: http://www.lecercledeseconomistes.asso.fr/session-6-la-revanche-de-la-nature,1291
Image à la une: © Cercles des Economistes

A deux ans de la fin des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), l’économiste Pierre Jacquet s’interroge sur l’existence même de ce concept. Vaste sujet. Si selon lui, on dit toujours qu’ « il faut » aider les pays les plus pauvres, on ne dit jamais « comment ». Lors de cette session, les intervenants ont abordé de nombreuses questions : le ou les modèles à adopter, les risques liés au développement et les chemins pour y parvenir.
Définir un modèle de développement. Est-ce même possible ? C’est la question posée par un étudiant lauréat du concours Inventez 2020, anecdote à l’appui : « Un ingénieur Bangladais nous avait marqués quand nous parlions avec lui des OMD. Il disait : ‘‘notre objectif ? ce n’est pas de vivre comme vous : c’est de vivre mieux que vous’’ ». Y’a-t-il un seul modèle, souvent défini par les pays occidentaux, qu’il faudrait atteindre ? Ou existe-t-il plusieurs formes de pays développés ? Selon Pierre Jacquet, « ce n’est pas aux occidentaux de fixer les modèles. Il faut promouvoir la Recherche dans les pays en développement pour qu’ils trouvent eux-mêmes les leurs. C’est la base du consensus social, c’est l’ownership ».
Nourrir et éduquer le monde. La clé de la croissance réside dans l’amélioration de l’accès aux capitaux humains, que sont l’éducation et la santé. C’est du moins l’avis de Nora Lustig, économiste argentine. Une position partagée par Esther Duflo, professeure au MIT et conseillère de Barack Obama sur les questions de développement : « Pour participer de la croissance, la base, c’est la santé. C’est quand même mieux si on n’est pas mort à l’âge de cinq ans ! […] Puis vient l’éducation, nécessaire pour contribuer au développement de son pays ». Et quand on lui demande, question audacieuse, comment nourrir le monde aujourd’hui, elle répond avec énergie que ce n’est pas une question de production – il y a assez de tout et pour tout le monde – mais de répartition. Selon elle, on pose d’ailleurs trop souvent la question de la sous-nutrition plutôt que celle de la malnutrition, alors que le problème est davantage celui de la qualité que celui de la quantité.
Développement : entre opportunité et risque. Du développement naissent aussi des tensions. Mustapha Nabli, ancien gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie durant le Printemps Arabe, fait partie des économistes les plus à même d’en parler. Il exprime cette difficulté à piloter les urgences quand le Moyen Orient offre aussi peu de visibilité politique sur le long terme. A la question de la temporalité s’ajoute celle de la classe moyenne : une classe formée, éduquée, employable mais sans emploi, en froid avec sa classe politique. L’indicateur « éducation » n’est donc pas suffisant. C’est ce que rappelle Abdoul Salam Bello, du Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD) : « Les indicateurs OMD montrent que d’ici à 2015, nombre de pays africains auront au moins atteint le premier objectif concernant l’éducation. Mais dans le même temps l’Afrique subsaharienne est l’une des dernières régions du monde à entrer dans la transition démographique. Cela représente des opportunités, mais aussi des risques ». L’opportunité, c’est cette cohorte de jeunes qui arrivent sur le marché de l’emploi, en situation d’employabilité, notamment grâce à l’amélioration des systèmes éducatifs. Le risque, c’est le manque de structures suffisamment ancrées pour les employer. En ce sens, l’analyste financier se rapproche des théories de Lionel Zinsou, présent dans la salle, et Francis Fukuyama, deux des contributeurs de la session inaugurale des Rencontres.
La révolte des classes moyennes. Le meilleur exemple reste celui de la Tunisie, qu’Abdoul Salam Bello reprend aussi dans son exposé : « Regardez ce pays, il a les meilleurs indicateurs de développement du continent. Or le système tunisien sous le régime de Ben Ali a failli. Pourquoi ? Parce qu’on a omis deux types de besoins : ceux démocratiques… et ceux des jeunes ». Selon lui, le développement n’a pas une temporalité, n’est pas « une séquence », il est bien plus compliqué que cela : « dans le développement il y a plusieurs vitesses, ‘‘horloges’’ différentes », a-t-il conclu, en reprenant la formule employée le matin même par le physicien Etienne Klein.
Cette session, mêlant les questions du temps, des transitions et d’une classe moyenne toujours plus importante dans le débat économique, fut un véritable écho à la session inaugurale sur Le choc des temps.
Mélina Huet
Publié sur: http://www.lecercledeseconomistes.asso.fr/session-3-les-temps-du,1295
Image à la une: © Cercles des Economistes
5 juillet 2013
Auteure: Mélina HUET
Dans le cadre des Rencontres Économiques d’Aix en Provence, 2013
Photo à la une: © Le Figaro
5 juillet 2013
Auteure: Mélina HUET
Dans le cadre des Rencontres Économiques d’Aix en Provence, 2013
Photo à la une: © SIPA
5 juillet 2013
Auteure: Mélina HUET
Dans le cadre des Rencontres Économiques d’Aix en Provence, 2013
Interview vidéo de Mario Monti
8 juillet 2012
Auteur(s) : Mélina HUET
Dans le cadre des Rencontres Économiques d’Aix en Provence, 2012