CHRONIQUE SANTE – Mais qu’est ce qu’on bouffe ?

Prise de conscience soudaine ? Ras-le-bol qu’on nous prenne pour des portes-monnaies ambulants ? Aveu de ma malbouffe quasi permanente ? Rencontres récentes avec des gens bien plus intelligents et bien plus sains que moi ? Les quatre, sans aucun doute. C’est mon premier billet « santé », mais loin d’être le dernier…

[Enfin, ça c’est si je parviens à faire attention à ce que je mets dans mon assiette, à lire les étiquettes (des produits, de mes jeans) et à prendre à « bras le cœur » mon manque de bonne volonté sur le long terme concernant le « manger intelligent »]

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Mon poisson vient du Viêtnam. Et le tien? Ha, tu sais pas? Dommage.

Mon poisson vient du Viêtnam. Et le tien? Ha, tu sais pas? Dommage.

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Constat accablant (sur fond de musique à la Hans Zimmer)

Étudiants, jeunes salariés, workaholics, casaniers, smicards … nous sommes de plus en plus nombreux en France (mais pas que) à faire nos courses dans des supermarchés qui se ressemblent tous, et à les faire le plus vite possible pour sortir de l’enfer de ces endroits aseptisés, où gamins hyperactifs qui nous bousculent sans cesse côtoient petits vieux en déambulateurs qui n’avancent pas (agaçant, pas vrai ?). Là-bas, et contrairement aux petits marchés qui pourtant pullulent dans toutes les villes et les campagnes de l’hexagone, nous ne discutons pas avec les producteurs, les céréaliers, les éleveurs, pas même avec les distributeurs, qui sont pourtant nos intermédiaires les plus proches (« Allô Messieurs Carrouf, Bonoprix, Pôchamps ? Ils viennent d’où vos poissons panés, dis ? ». Non, ça n’est décidément pas possible).

Seules à pouvoir nous renseigner sur la provenance de ce que nous mangeons, nous regardons pourtant rarement les étiquettes… et attachons beaucoup d’importance aux prix. C’est normal: dans ces endroits dédiés à la consommation de masse, nous souhaitons généralement allier efficacité (« métro, boulot, dodo ») et moindre coût. Nous, qui sommes perdus devant le choix qui s’offre à nous, sélectionnons donc souvent le moins-disant, ce « premier prix » qui finira dans nos caddies, puis dans nos assiettes et, au final, dans nos petits corps (de plus en plus gros, de plus en plus tôt. Fléau. Juste pour la rime). Et puis avouons-le sans devoir en rougir : on n’a pas toujours l’argent pour s’acheter du beau et du bio (du vrai*), tout simplement.

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Résolutions personnelles (sur fond de « Eye of the Tiger »)

Sauf que voilà, à force de mal manger, on met notre santé en danger (rien de nouveau sous le soleil me direz vous). Ce qu’on a tendance à oublier, ou ce dont on n’a tout simplement pas conscience, c’est qu’avec nos diabètes de type II (qui apparaissent le plus souvent sur le tard, après des années de malbouffe même après avoir eu l’impression d’avoir « fait attention », « bien mangé », « fait du sport », « un super méga bon métabolisme j’te dis ! »  ), nous nourrissons une autre industrie que celle (agro)alimentaire. Allez c’est pas dur, je vous laisse deviner. Une industrie plutôt connue, qui fait souvent parler d’elle en tout cas. Puis qui met beaucoup d’argent dans de jolies pubs bien ficelées pour qu’on oublie son petit côté pas jojo. Je vous le donne dans le mille : l’industrie pharmaceutique.

Pour éviter de l’engraisser, (en avalant 1000 cachetons par jour telle une mamie de 25 balais pour faire baisser mon mauvais choléstérol (LDL)), pour éviter d’engraisser les laboratoires donc, ça fait longtemps que je me dis que je vais faire attention à ce que je mange. Alors depuis des mois, je me jette sur le bio* avec des gammes supermarché de plus en plus accessibles (ça c’est plutôt une bonne nouvelle me direz-vous encore) et j’essaie de remplir mes paniers de ces jolis produits labellisés « AB » à hauteur de 60%. Là où le bât blesse, c’est quand je souhaite manger de la protéine (de la « prot » comme disent les petits musclés) : viande, poisson, tofu, œufs, etc. là j’abandonne le bio car ça coûte la peau de l’arrière train. J’achète donc des produits protéinés issus de l’agriculture dite conventionnelle. Mais j’essaie de le faire en accord avec ce qui est le mieux pour mon corps.

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Première tentative, premier échec (sur fond de Nana Mouskouri)

Récemment, j’ai appris quelque chose sur l’équilibre oméga 3 / oméga 6, dont je parlerai plus tard[1]. Pour faire court : le rapport actuel entre ces deux types d’acides gras constaté en Europe est de 1 à 18… pour 1 à 5 conseillé par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (ANSES, anciennement AFSSA). C’est-à-dire qu’on consomme plus de trois fois trop d’oméga 6 que ce qui est recommandé par les experts. Je suis donc logiquement allée chercher les omégas 3 qui me manquaient… là où Wikipedia me disaient d’aller sans trop m’abimer : le poisson.

Sauf que, encore une fois, des raisons économiques m’ont poussée à compléter mon saumon issu de l’Agriculture biologique avec un poisson blanc pas très cher, histoire d’avoir encore de l’argent pour me payer  un tour en vélib ce mois-ci (la folie!)

En rentrant chez moi, je m’interroge quand même sur le prix. Pourquoi ce poisson là serait à 3€50 les deux tranches alors que le reste de ma pêche de supermarché coûte le double ? Je regarde l’étiquette, je google et là, BAM. Dans ma face ! je veux dire : oulala Quelle ne fut pas ma surprise !

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https://i1.wp.com/www.troll.me/images/grandma-finds-the-internet/grandma-finds-the-internet.jpg

Je bouffe DE LA MERDE des choses pas très saines, m’explique-t-on ici

https://i0.wp.com/www.thefrisky.com/wp-content/uploads/2013/10/23/I-need-help-gif1.gif

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Nul besoin d’aller plus loin dans cette chronique, il suffit de lire l’article de l’ASEF[2] sur ce beau poisson qu’est la panga(et que je viens d’avaler, croumf croumf) pour se rendre compte de ce qu’on loupe lorsque l’on est simplement trop fainéant pour… regarder ce qu’on met vraiment dans nos assiettes.

Conclusion : prenez trois minutes, lisez les étiquettes, puis renseignez-vous sur ce que vous mangez (vivent les smartphones et l’Internet !), partagez vos commentaires et vos idées saines avec vos amis, votre famille, sur ce blog, avec moi (allez, soyez sympas), même avec les gens que vous n’aimez pas. Car personne ne mérite de bouffer du poisson dans lequel on a injecté de l’urine déshydratée de femmes enceintes.

A bon entendeur

« On n’est curieux qu’à proportion qu’on est instruit »

disait ce bon vieux Jean-Jacques (Rousseau).

Alors soyez curieux!

Mélina Huet

*le vrai bio fera l’objet d’une chronique future. Parce que le bio, non, c’est pas toujours beau.


[1] A ce propos, lire l’excellent ouvrage de Pierre Weill « Mangez, on s’occupe du reste », aux éditions Plon, qui vient de paraître (27 février 2014).

[2] Association Santé Environnement France

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