C’était un vendredi 13 [Podcast Radio] Emission ‘Les Fesses à l’Air’

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C’était un vendredi 13. Il était 21h, 22h peut-être. Je ne me souviens plus vraiment.

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[Humeur] Liberté j’écris ton NON

Lettre ouverte aux députés qui voteront la loi relative au renseignement le 5 mai prochain. Nous avons tous le pouvoir d’agir, de faire entendre notre voix. Nous sommes nombreux à le faire, envoyez un courrier ou appelez vos députés. Le maintien de nos libertés fondamentales est l’affaire de tous. Lire la suite

Non, la « Journée de la femme » n’existe pas

Le 8 mars touche à sa fin. « Voilà, maintenant vous pouvez éteindre la télévision et reprendre une activité normale. A’tchao, bon dimanche ». Mais avant, je tenais à révéler un scoop. Une nouvelle incroyable qui va surprendre aussi bien ses détracteurs que ses défenseurs – du moins ceux qui ne s’attachent guère aux détails… pourtant d’importance. Non, la « Journée de la femme » n’existe pas. Ce que certaines personnes se sont efforcées de célébrer dans le monde entier aujourd’hui, c’est la Journée internationale des droits des femmes. Un détail ? Loin de là.

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A découvrir ou à revoir, le documentaire « Caricaturistes – Fantassins de la démocratie »

« Alors que les caricatures de Charlie Hebdo ont indigné la France et la communauté internationale, mais suscitent aussi de violentes condamnations depuis la sortie du dernier numéro, il faut voir ou revoir l’excellent documentaire de Stéphanie Valloatto « Caricaturistes – Fantassins de la démocratie » qui ressort en salles. »

Retrouvez mon article sur Opinion Internationale en cliquant sur l’image ci-dessous
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We are Charlie

JE SUIS CHARLIE

Today, as a close friend but more importantly as a young French journalist, I got a message from a Scottish fellow who’s been living in South Africa for the past few decades. He was not in France when the Gun attack on French magazine Charlie Hebdo occurred. He is not a journalist, nor a cartoonist. He is just another world citizen caring for our freedom of speech, our freedom of press, wherever we live or will be living.

All around the world, people are paying a tribute to the amazing work of journalists and cartoonists who fight, every single day, for those freedoms. I’ve decided to publish his message to show that what just happened is not just a national issue, not just a French tragedy, not just a little speck in this vast world in which the work of journalists is constantly threatened. We, who fight for freedom of speech, shall emerge conquering.

Today I was told, by friends and family, to choose another path. Today I was told to stop tackling sensitive issues in my articles. Today I was told to get away from anything touchy. Today I was told to reconsider another career.

But today, I was also told how important it is to go on fighting the way we do. How important it is to keep faith. We know that barbarism will not be victorious. Today will not lead to decommitment, fear or weakening. Today, as a matter of fact, taught us something highly important: the degree to which terrorists fear freedom is higher than the degree to which we fear them. Today will not silence us. They attacked us with guns; we will respond with pens, words, dreams, speeches and poetry.

#WeAreCharlie

« Dear Melina, I wanted to wish you a wonderful Happy New Year. But Now, after the Charlie Hebdo outrage, I would like to say something different to you.  Want to say this:

People, … ‘we’ … talk about democracy and freedom, many do not fully understand. There can be no freedom without freedom of the press, that is the most important freedom …  of the ‘freedoms’ we aspire to in a democracy.

YOU and your colleagues Melina are the new generation of Journalists, it is now ‘your’ responsibility to carry forward the traditions of ‘fighting’ for freedom through the writings of the press worldwide.   Cartoonists as you no doubt will agree, hold a very special place in the effectiveness and traditions of a free press.  Throughout history cartoonists have humbled dictators and despots and ideologues with satire and biting wit.

Activists, cartoonists and journalists in South Africa know about the repression of those who fear the press, who fear the truth. Many of our colleagues paid the ultimate price. We know cartoonists have those special skills, which with a few strokes can humble dictators, despots and ideologues, that is why they are sometimes hated.

I pay tribute today to the fearless and wonderful cartoonists and journalists of Charlie Hebdo…they have paid a terrible price for daring to exercise their ….No ‘our’ freedom of the press.   WE ‘all’ owe them. To honour them  and their sacrifice – all journalists need to continue to do what they do – without fear, –  as that is the greatest weapon we have against the dictators, despots and ideologues.  As Aung San Suu Kyi said: “we have nothing to fear except fear itself.”

My dear Melina, my thoughts are with you tonight and with the families and loved ones of the journalists and cartoonists of Charlie Hebdo… more …  my thoughts are with the people of France »

CARNET DE VOYAGE – CUBA : « Désolée, j’avais pas Internet »

Il est 1h40. Mon vol retour pour le Mexique est dans exactement 12 heures. Dans 72, je serai de nouveau en France (non je ne pleurerai pas tout de suite, laissez-moi le temps d’atterrir). Un récap s’impose. Cuba ? Oui Cuba. Et bien Cuba… Bon : tout le monde va me demander comment était Cuba. C’est normal, ça fait deux semaines que je n’ai pas donné signe de vie et Cuba, ça intrigue un peu (attention, dans les carnets de voyage à venir, le mot Cuba sera utilisé à outrance. C’est pour me rappeler qu’un jour j’y étais, et qu’il y faisait beau. Si vous ne supportez pas ces deux syllabes, abandonnez tout de suite). Je disais donc que ça faisait deux semaines que je n’avais pas donné signe de vie. Et si on commençait par ça d’ailleurs. Un bon sujet (HashtagOuPas).

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CHRONIQUE SANTE – Mais qu’est ce qu’on bouffe ?

Prise de conscience soudaine ? Ras-le-bol qu’on nous prenne pour des portes-monnaies ambulants ? Aveu de ma malbouffe quasi permanente ? Rencontres récentes avec des gens bien plus intelligents et bien plus sains que moi ? Les quatre, sans aucun doute. C’est mon premier billet « santé », mais loin d’être le dernier…

[Enfin, ça c’est si je parviens à faire attention à ce que je mets dans mon assiette, à lire les étiquettes (des produits, de mes jeans) et à prendre à « bras le cœur » mon manque de bonne volonté sur le long terme concernant le « manger intelligent »]

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Mon poisson vient du Viêtnam. Et le tien? Ha, tu sais pas? Dommage.
Mon poisson vient du Viêtnam. Et le tien? Ha, tu sais pas? Dommage.

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Constat accablant (sur fond de musique à la Hans Zimmer)

Étudiants, jeunes salariés, workaholics, casaniers, smicards … nous sommes de plus en plus nombreux en France (mais pas que) à faire nos courses dans des supermarchés qui se ressemblent tous, et à les faire le plus vite possible pour sortir de l’enfer de ces endroits aseptisés, où gamins hyperactifs qui nous bousculent sans cesse côtoient petits vieux en déambulateurs qui n’avancent pas (agaçant, pas vrai ?). Là-bas, et contrairement aux petits marchés qui pourtant pullulent dans toutes les villes et les campagnes de l’hexagone, nous ne discutons pas avec les producteurs, les céréaliers, les éleveurs, pas même avec les distributeurs, qui sont pourtant nos intermédiaires les plus proches (« Allô Messieurs Carrouf, Bonoprix, Pôchamps ? Ils viennent d’où vos poissons panés, dis ? ». Non, ça n’est décidément pas possible).

Seules à pouvoir nous renseigner sur la provenance de ce que nous mangeons, nous regardons pourtant rarement les étiquettes… et attachons beaucoup d’importance aux prix. C’est normal: dans ces endroits dédiés à la consommation de masse, nous souhaitons généralement allier efficacité (« métro, boulot, dodo ») et moindre coût. Nous, qui sommes perdus devant le choix qui s’offre à nous, sélectionnons donc souvent le moins-disant, ce « premier prix » qui finira dans nos caddies, puis dans nos assiettes et, au final, dans nos petits corps (de plus en plus gros, de plus en plus tôt. Fléau. Juste pour la rime). Et puis avouons-le sans devoir en rougir : on n’a pas toujours l’argent pour s’acheter du beau et du bio (du vrai*), tout simplement.

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Résolutions personnelles (sur fond de « Eye of the Tiger »)

Sauf que voilà, à force de mal manger, on met notre santé en danger (rien de nouveau sous le soleil me direz vous). Ce qu’on a tendance à oublier, ou ce dont on n’a tout simplement pas conscience, c’est qu’avec nos diabètes de type II (qui apparaissent le plus souvent sur le tard, après des années de malbouffe même après avoir eu l’impression d’avoir « fait attention », « bien mangé », « fait du sport », « un super méga bon métabolisme j’te dis ! »  ), nous nourrissons une autre industrie que celle (agro)alimentaire. Allez c’est pas dur, je vous laisse deviner. Une industrie plutôt connue, qui fait souvent parler d’elle en tout cas. Puis qui met beaucoup d’argent dans de jolies pubs bien ficelées pour qu’on oublie son petit côté pas jojo. Je vous le donne dans le mille : l’industrie pharmaceutique.

Pour éviter de l’engraisser, (en avalant 1000 cachetons par jour telle une mamie de 25 balais pour faire baisser mon mauvais choléstérol (LDL)), pour éviter d’engraisser les laboratoires donc, ça fait longtemps que je me dis que je vais faire attention à ce que je mange. Alors depuis des mois, je me jette sur le bio* avec des gammes supermarché de plus en plus accessibles (ça c’est plutôt une bonne nouvelle me direz-vous encore) et j’essaie de remplir mes paniers de ces jolis produits labellisés « AB » à hauteur de 60%. Là où le bât blesse, c’est quand je souhaite manger de la protéine (de la « prot » comme disent les petits musclés) : viande, poisson, tofu, œufs, etc. là j’abandonne le bio car ça coûte la peau de l’arrière train. J’achète donc des produits protéinés issus de l’agriculture dite conventionnelle. Mais j’essaie de le faire en accord avec ce qui est le mieux pour mon corps.

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Première tentative, premier échec (sur fond de Nana Mouskouri)

Récemment, j’ai appris quelque chose sur l’équilibre oméga 3 / oméga 6, dont je parlerai plus tard[1]. Pour faire court : le rapport actuel entre ces deux types d’acides gras constaté en Europe est de 1 à 18… pour 1 à 5 conseillé par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (ANSES, anciennement AFSSA). C’est-à-dire qu’on consomme plus de trois fois trop d’oméga 6 que ce qui est recommandé par les experts. Je suis donc logiquement allée chercher les omégas 3 qui me manquaient… là où Wikipedia me disaient d’aller sans trop m’abimer : le poisson.

Sauf que, encore une fois, des raisons économiques m’ont poussée à compléter mon saumon issu de l’Agriculture biologique avec un poisson blanc pas très cher, histoire d’avoir encore de l’argent pour me payer  un tour en vélib ce mois-ci (la folie!)

En rentrant chez moi, je m’interroge quand même sur le prix. Pourquoi ce poisson là serait à 3€50 les deux tranches alors que le reste de ma pêche de supermarché coûte le double ? Je regarde l’étiquette, je google et là, BAM. Dans ma face ! je veux dire : oulala Quelle ne fut pas ma surprise !

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Je bouffe DE LA MERDE des choses pas très saines, m’explique-t-on ici

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Nul besoin d’aller plus loin dans cette chronique, il suffit de lire l’article de l’ASEF[2] sur ce beau poisson qu’est la panga(et que je viens d’avaler, croumf croumf) pour se rendre compte de ce qu’on loupe lorsque l’on est simplement trop fainéant pour… regarder ce qu’on met vraiment dans nos assiettes.

Conclusion : prenez trois minutes, lisez les étiquettes, puis renseignez-vous sur ce que vous mangez (vivent les smartphones et l’Internet !), partagez vos commentaires et vos idées saines avec vos amis, votre famille, sur ce blog, avec moi (allez, soyez sympas), même avec les gens que vous n’aimez pas. Car personne ne mérite de bouffer du poisson dans lequel on a injecté de l’urine déshydratée de femmes enceintes.

A bon entendeur

« On n’est curieux qu’à proportion qu’on est instruit »

disait ce bon vieux Jean-Jacques (Rousseau).

Alors soyez curieux!

Mélina Huet

*le vrai bio fera l’objet d’une chronique future. Parce que le bio, non, c’est pas toujours beau.


[1] A ce propos, lire l’excellent ouvrage de Pierre Weill « Mangez, on s’occupe du reste », aux éditions Plon, qui vient de paraître (27 février 2014).

[2] Association Santé Environnement France

ANECDOTE DE TOURNAGE – Petit hommage à une fixeuse pas comme les autres

En novembre 2013, je partais avec ma binôme en tournage en Bretagne pour HUMAN

L’occasion pour moi de rendre un petit hommage à ceux ou celles qui travaillent dans l’ombre. En l’occurrence à Michelle, l’adorable boulangère sans qui nous n’aurions pu organiser ce tournage d’interviews

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Leadership : Give1talks donne la parole aux femmes

Give1talks "Le leadership au féminin". mairie du XVe, jeudi 28 mars 2013. (c) give1talks
Give1talks « Le leadership au féminin ». mairie du XVe, jeudi 28 mars 2013. © give1talks

Deux événements, pourtant si anecdotiques diront certains, ont constitué un bouleversement dans  ma vie de femme. Le premier a eu lieu alors même que je n’étais qu’une petite fille. Dans la salle de bain, ma sœur – de neuf ans mon aînée – m’expliquait à quel point le combat avait été rude pour l’obtention du droit de vote, et que jamais je ne devrai bouder les urnes. La majorité atteinte, pas une seule fois je n’ai donc oublié de faire entendre ma voix, peu importent les distances, la couleur du ciel ou encore l’échelle du vote[1]. Quelques années plus tard, mon chemin croisait celui de Daisy Dourdet, lors de la désormais célèbre journée internationale des droits des femmes (et que, par pitié, je vous saurai gré de ne pas renommer « Journée de la femme[2] » !). Cette dernière rencontre m’a fait prendre conscience très tôt que se faire une « bonne » place dans le monde du travail allait être un combat au quotidien. Mais quel combat ! Un challenge stimulant, forçant la volonté et obligeant à redoubler d’inventivité, mais également épuisant parfois.

Alors pourquoi le fait d’être une femme serait un handicap au leadership ? A cette « aptitude à diriger », comme diraient plus justement nos amis outre-Atlantique. Parce que beaucoup ont simplement décidé que c’était un fait, avant d’être la conséquence de nombreux maux qui nécessiteraient la rédaction d’un article à eux seuls. Des maux qui rongent assurément notre société mais surtout notre conception de la répartition des rôles au sein de cette dernière – pour l’énumération des causes, je ne doute pas que les commentateurs/trices s’en donneront à cœur joie, avec plus ou moins de justesse selon les personnes (je n’ai pas dit selon le sexe).

Et j’en viens à ce qui nous intéresse donc, à savoir le titre de cette chronique. Give1Project organise occasionnellement les Give1Talks, des conférences sur des sujets touchant au leadership, en l’occurrence le 28 mars à la mairie du XVe, au leadership « au féminin ». Loin des organisateurs l’idée de sexuer le débat de façon stigmatisante voire « victimisante », cette piqûre de rappel (le leadership au quoi ? au féminin ?), s’est avérée salvatrice. Encore davantage parce qu’elle ne s’est précisément pas déroulée le 8 mars. Vous savez, cette journée où tout le monde parle des problèmes d’inégalités des sexes, comme pour se justifier temporairement de ne rien faire ou même dire, le reste de l’année – un reproche que j’adresse aussi bien aux hommes qu’aux femmes.

Le leadership au féminin est donc ce soir là célébré par cinq invitées de marque, toutes différentes, qui font figures de modèles pour nombre d’entre nous – hommes inclus – : Sally Bennacer, à la tête d’une Très Petite Entreprise (TPE) spécialisée dans la vente et la pose de stores et de volets ; Audrey Pulvar, que l’on ne présente plus[3] ; Sihem Souid, chargée de mission au Ministère de la justice ; Laurène Bounaud, Directrice de l’association Humanity in action France ; et enfin Lydia Guirous, fondatrice de l’association Future au féminin, à l’origine de la cellule SOS harcèlement sexuel à l’APHP, et responsable UDI Paris.

« Les murs renversés deviennent des ponts »

En citant en introduction Angela Davis, Sophie Elizéon, déléguée interministérielle pour l’égalité des chances des Français d’Outre-mer, donne le ton : « Les murs renversés deviennent des ponts ». Car c’est bien de cela qu’il s’agit : de renverser ces murs et de s’en servir pour passer de l’autre côté, dans ce monde où l’ensemble des individus n’a pas besoin de journée internationale pour exister.

Relaxée très récemment, après avoir été poursuivie pour violation du secret professionnel en publiant Omerta dans la police en 2010, Sihem Souid, fait partie de ces femmes qui ne s’embarrassent pas ou peu de phrases alambiquées et vont directement au bout de leur pensée : ce n’est pas parce que l’on est une femme que l’on doit céder aux pressions et reculer face à ses idéaux. C’est aussi simple que ça. Quant à Lydia Guirous, elle ne mâche pas non plus ses mots. En mettant en avant le vide juridique qu’avait laissé l’abrogation du délit de harcèlement sexuel par le Conseil Constitutionnel en 2012, elle explique la naissance du numéro vert et de la cellule SOS harcèlement sexuel : « J’en ai été victime. Par un pauvre con. Mais j’avais pas non plus envie de rentrer dans la rhétorique stérile ‘‘toutes les femmes sont des victimes, tous les hommes sont des bourreaux’’. Il ne faut pas rentrer dans le cercle de la victimisation ».

C’est sur cette perception de l’autre et de soi-même que rebondit Laurène Bounaud. Cette dernière n’hésite pas à avouer que parler de soi à give1talks lui avait d’abord paru un brin stupide : « je ne comprenais pas que mon parcours puisse avoir de l’intérêt. L’asso oui, mais moi… ». C’est le regard de l’autre, en l’encourageant, qui lui fait franchir le pas, et reconnaître que son expérience peut être exemplaire : «lorsque je me suis engagée en politique, j’ai été valorisée par l’adjoint au maire à la jeunesse du XIXe ». Elle revient au thème du leadership et aborde la notion de pouvoir : « le pouvoir, ce n’est pas dire ‘‘je l’exerce et je profite de mes privilèges’’ mais plutôt prendre conscience que je suis capable et que j’ai effectivement ce pouvoir en moi, qui ne demande qu’à sortir ». Une notion d’empowerment en somme.

En respectant l’ordre d’arrivée, Audrey Pulvar boucle donc le temps de parole, en commençant par une anecdote personnelle : « Malgré mes bonnes notes, mes profs ont dit à mes parents que mon niveau ne me permettait pas de continuer dans la filière générale. Ils les ont poussés à m’inscrire dans celle professionnelle en insistant sur le fait qu’il fallait me propulser au plus vite dans la vie active, sans quoi je n’arriverais à rien ». Et la jeune femme a bien fait de tenir, puisqu’elle est parvenue à intégrer l’ESJ de Paris, touchant ainsi son rêve du bout des doigts : devenir journaliste, « et si possible une bonne journaliste » précise-t-elle. Et d’ajouter, en souriant : « J’ai encore du chemin à parcourir ». Elle réaffirme ensuite, sans doute en référence à son actualité récente, qu’ « on n’a jamais fini de faire ses preuves ».

Briser le plafond de verre

 «Il faut être dans une logique d’affirmation, pas de revendication. En face de mes potentiels employeurs, je m’affirme, point. Pas besoin de lamentations

Lynette Scavo in Desperate Housewives. Capture saison 2 épisode 9
Lynette Scavo in Desperate Housewives. Capture saison 2 épisode 9

[…] C’est assez incroyable parce que dès qu’une femme a des responsabilités (et les exerce), c’est forcément une hystérique ou un dictateur en jupon !» s’exclame l’animatrice de D8.

Une remarque qui déclenche les rires et les applaudissements de la salle, comme l’approbation unanime d’une situation par trop de fois observée, voire vécue.

Au-delà des anecdotes, cette soirée pose plus largement la question de l’identité. Est-ce que je me définis avant tout comme une femme, une épouse, une mère, ou est-ce que je me présente d’abord en mettant en avant ma profession, mon parcours universitaire, le milieu dont je suis issue, les épreuves que j’ai surmontées, mon éventuelle autodidactie ?

Il ne s’agit pas ici de prétendre que l’affirmation de telle ou telle identité vaut mieux qu’une autre, mais d’avoir en tête cette phrase de Laurène Bounaud lorsque l’autocensure approche sournoisement, à pas feutrés : « le pouvoir est en nous tous, il faut juste le libérer ; il faut aussi avoir un entourage qui puisse nous outiller ».

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Mélina Huet

Oh, et puis flûte, parce qu’il faut bien aborder quelques causes à ce « plancher collant » auquel se heurtent de nombreuses femmes…. sinon je vais avoir l’impression de n’avoir fait que soulever des questions sans apporter ne serait-ce que des ersatz de réponses. Et aussi parce que ces causes (évitables !) ont été évoquées en filigrane tout au long de la conférence :

  •           Problème de l’entourage (attention à la dévalorisation de la famille, des amis, et/ou des compagnons de vie. Ne pas oublier que les amis sont la famille que l’on se choisit. Sans oublier la personne qui partage notre quotidien…)
  •           Mais aussi : autocensure des femmes, loin d’être une exception
  •           A vous les premières concernées : stop à la victimisation, place à l’action
  •           Pas un mais des féminismes. Halte à ceux et celles qui érigent en féminisme officiel certain des extrémismes qui desservent la cause féministe originelle, que je considère personnellement comme la lutte stricte et simple pour l’égalité des genres (pas la supériorité de l’un sur l’autre, donc pas la domination de la femme sur l’homme, aussi bête que le phénomène inverse)
  •           Stop à la sexuation des compétences au sein des organisations (entreprises, associations, partis politiques, etc.) et dès le début, des filières scolaires ! (dichotomie bac littéraire / bac scientifique. Trading pour papa / Marketing pour maman). Merci bien
  •           Stop à ces questions par ailleurs INTERDITES lors des entretiens d’embauche : « alors ma mignonne, t’as prévu d’être enceinte ou quoi ? de faire un bébé ? ». j’irai plus loin : « si oui, ET ALORS ? Est-ce que cela veut automatiquement dire que c’est moi qui vais m’en occuper en permanence si tel était le cas ? ». Pourquoi ne pas poser cette question aux hommes par ailleurs ? « alors chéri, toi et ta nana, vous avez prévu de faire des bébés ? ». Pourquoi pas ? tout simplement parce que l’on a intégré le fait que si naturellement la femme porte l’enfant, c’est aussi celle qui l’élève. A méditer
  •           Prolongement de la réflexion précédente : plus de crèches, ça urge ! Avec davantage de lieux de garde, certaines des questions précédemment évoquées n’auraient plus de poids dans la décision de recrutement. Comme l’a très bien dit Lydia Guirous, ce ne sont pas les places qui manquent. L’allocation des financements à cette fin par contre… Et l’envie de le faire, surtout.
  •           De ce temps libéré, nait la résolution d’autres problèmes, comme celui de l’écart totaldes salaires (de l’ordre de 27%). A savoir que celui-ci nait d’abord de la répartition entre les temps complets et les temps partiels : les femmes consacrent davantage de leur temps aux enfants et occupent, de facto, davantage de postes à temps partiel.
  •           De la « désexuation » des filières scolaires et des postes au sein des organisations nait la résolution, cette fois, du problème de l’écart pour des temps complets (de l’ordre de 24%). La différence nait cette fois des postes occupés et de la répartition hommes/femmes dans les postes clés de la direction[4] (donc mieux payés !)
  •           Enfin, du changement global des mentalités naîtra la fin de L’écart à poste et expérience équivalents (les femmes touchent environ 9 % de moins) :

« Si l’on tient compte des différences de statut d’emploi (cadre, employé, ouvrier), d’expérience, de qualification (niveau de diplôme) et de secteur d’activité (éducation ou finance) environ 9 % de l’écart demeure inexpliqué.

Cette différence de traitement se rapproche d’une mesure de la discrimination pure pratiquée par les employeurs à l’encontre des femmes »

 

 


[1] Je rappelle à ce propos à tous mes concitoyens qu’au-delà de l’élection présidentielle et de celles législatives, existent les élections régionales, municipales, cantonales et européennes, trop souvent boudées des Français.

[2] Songez-y l’espace d’une minute : quel genre d’ânerie que cette journée sur 365 (voire 366) qui fêterait exceptionnellement l’existence de… 50% de la planète. A ce propos, lire l’article de Francetv info, dont la conclusion me laisse pantoise (il démarrait pourtant bien)

[3] Souvent à tort. On oublie ainsi souvent qu’Audrey Pulvar est sortie majore de promotion de l’Ecole Supérieure de Journalisme (ESJ) de Paris. Avant d’être la « femme de » …

[4] Page 12. Attention aux yeux, ça pique. Etude du 28 février 2013 du Conseil économique, social et environnemental : http://www.lecese.fr/sites/default/files/pdf/Etudes/2013/2013_09_femmes_precarite.pdf

 

L’e-initiative Je Veux l’Europe est officiellement lancée

Dynamique issue de la société civile, Je Veux l’Europe a décidé de marquer les esprits pour son lancement officiel, le 23 janvier dernier. Prolongement naturel de la campagne allemande Ich Will Europa, l’e-initiative française a choisi la tribune de l’ESCP Europe, au lendemain du cinquantenaire du Traité de l’Elysée, pour proposer un débat sur l’amitié franco-allemande. C’est donc autour d’une symbolique forte que Je Veux l’Europe a pris son envol national, avec un objectif principal : réanimer le sentiment européen.

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Marseille – Sans médias, point de méchants, point de Ayrault ?

Lundi matin se tenait le conseil municipal de Marseille, où ses membres se réunissaient pour la cinquième fois cette année, afin de « régler les affaires de la commune » (‘débattre de’ serait plus adéquat). Au milieu des quatre heures de tergiversations sur trois-cents délibérations – certaines plus assommantes que d’autres – un plaidoyer a particulièrement retenu l’attention de l’assemblée, moi incluse.

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